l'éternel recommencement de l'étape mentale où tout me fait dire que rien ne va; je finis par me demander si je n'ai pas besoin de ces descentes de déprime pour pouvoir mieux remonter ensuite?
Trop de brume et de frayeur peignent le fond de mon âme; elle est souvent parsemée de rayons de soleil mais tant que la mer sera agitée, elle ne pensera pas à ce qu'il y a au dessus. Tel un petit bout de bois à la dérive, elle se laisse dominer par les courants marins, laisse les requins l'attaquer et ne laisse pas toujours les dauphins l'approcher; elle aime être sur son radeau perdu mais trouve agréable la compagnie d'une autre branche qui lui tend la perche pour la sortir des vagues houleuses, seulement, cet instant éphémère ne suffit pas à la faire sortir hors de l'eau...doit-elle trouver d'autres branches ou alors se fortifier toute seule ? Sur quel océan pourra t-elle flotter tranquille ? Combien de faune marine va t-elle devoir rencontrer avant de décider de prendre le courant à contre sens ? Arrivera t-elle enfin à s'occuper de la sève qui est en elle plutôt que de son branchage ? Son écorce perd de la vitalité. De toutes façons, qu'est-ce que cela change puisque tous les petits bouts de bois de ce monde sont manipulés par les grands arbres débordant de feuilles étouffantes? où est la réelle efficacité des buissons s'ils restent trop petits pour se faire entendre ? A quoi cela sert-il de rêver d'être un arbre centenaire si tu ne sais pas accomplir tes 50ans de vie ? J'ordonne à la petite âme vagabonde de laisser de côté les animaux marins et les vagues infernales, et de devenir grande grâce au souffle du vent...
Je précise que la petite âme n'a pas sympathisé avec de jolies feuilles vertes pour écrire ce message...