Et si je restais en Argentine ensuite?

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Argentine - Jujuy
de Bastienne, le 28-05-2008

Et si je restais en Argentine ensuite?

Une journée particulière, mais je ne rentrerai pas dans les détails, car tout ne se dit pas sur un blog, en tt cas sur le mien. Bastienne et ses conflits intérieurs et avec les gens...je viens de me prendre une belle claque en connaissant encore plein de gros défauts que j'ai...ça ne fait pas plaisir, mais bon, j'essaie de me dire que je suis là (sur Terre) pour avancer, et que je vais me dépasser.

Après m'être débarrassée de mon égoïsme et de ma connerie sur quelques personnes ici, je me suis dit aujourd'hui que je devais changer...et p-ê pour réparer ça, j'ai commencé par dire pardon même si le mal est fait, et puis par quelques BA par ci par là, en y incluant les sourires et la sincérité. Aujourd'hui, j'avais besoin d'entendre ce que m'a dit mon chef lorsque j'avais fini un travail, purement bête (copier coller) et administratif mais important pour la boîte, "bien, très bien", mouaih, merci ça fait plaisir; en même temps, je ne me sens pas spécialement intelligente en faisant ce travail, mais au moins il est content, et comme tout être humain au travail, j'ai besoin de reconnaissance. Cependant, c'est la deuxième fois qu'il me dit qu'il aimerait que je reste! J'ai souhaité savoir s'il disait ça en rigolant ou si ça sonnait vrai : et c'est pas une blague!! il m'a dit que je dépassais ce à quoi il s'attendait; donc, ça, ça fait vraiment plaisir! Il prend tout le temps soin de moi, veut pas que je travaille trop (ça risque pas avec le système informatique qui plante sans arrêt), et en plus j'ai droit à des compliments pour mon travail; c'est chouette! Ducoup je me mets à imaginer continuer à bosser pour EL BANCO MUNDIAL DE LA MUJER.... et pourquoi pas aller faire un petit tour du côté de la province de MISIONES où se trouvent les chutes d'Iguazu; J'aime ce climat semi tropical; et je pourrais mener une étude de prospection pour l'ouverture d'une autre agence, vu que ça fait partir de leurs objectifs à long terme. Cette proposition sous-entend que je sois payée, logique, je ne vais tout de même pas être en stage toute ma vie durant. Bon, je m'emballe un peu, mais la proposition est lancée. A voir si j'ai le droit de passer ma soutenance en vidéoconférence pour éviter de repayer un billet d'avion. Tout est envisageable de toutes manières, même revenir en France pour revoir ma famille et mes ami(e)s.

Autre réflexion suite à mon samedi passé à HUMAHUACA...entre les réflexions communistes de Christian disant que tout doit venir du peuple, une nouvelle révolution qui viendrait redistribuer enfin les richesses, foutre dehors ces putins d'usines canadiennes qui exploitent les sols sudaméricains en gardant tous les bénéfices et en laissant crever les gens avec les produits chimiques qu'ils laissent derrière eux, mettre aussi dehors Monsanto et autres compagnies d'agrobusiness qui n'ont rien d'autre à faire que de s'en mettre plein les fouilles, l'argent ne se mange pas encore, mais grâce à leurs saloperies, ils arrivent à controler la nourriture du monde entier (merci aussi à la spéculation financière qui fait augmenter le prix des aliments de base dans le monde)...entre les réflexions sur les ONG, où je me dis qu'il faut bien choisir quel type d'ONG ou d'association il s'agit pour éviter de tomber sur un président de l'ARC, tout en bougeant les gens et en se motivant soi-même pour faire avancer les choses, rechercher du fric pour avoir un minimum d'impact, gagner suffisamment d'argent pour se payer une baraque, ou au moins un terrain pour cultiver des légumes et y installer des poules et des cochons, éviter de penser à la place des locaux en tant qu'ONG de blancs (ou cela peut être une ONG locale ce qui me parait plus cohérent déjà; je rejoins la conversation avec Laureline à propos de MdM au Congo où l'humanitaire d'urgence laisse à penser à du néo-colonialisme, selon le point de vue de chacun bien entendu)....et entre le point de vue économique privé (je ne parlerai pas de la différence public/privé hein Frantz), bancaire puisque j'y suis, où une entreprise se fait du fric sur le dos des pauvres, tout en faisant vivre des gens d'ici et en aidant réellement les pauvres aussi, en leur fournissant un service de santé, payant, mais moins cher que la normale; où il ne faut pas perdre de vue l'objectif social sinon ça n'aurait plus de sens pour moi, ni en restant derrière ses papiers plein de chiffres et derrière son ordinateur sans connaitre la réalité des gens (ce que je ne sais pas encore bien faire pour le moment pour diverses raisons, mais je vais apprendre; sauf mon expérience avec les enfants d'Ayacucho au Pérou où réellement je me sentais plus "simple" dans mon mode de vie). Alors, QU'EST CE QUI EST LE MIEUX hein? Je dirais au moins que le mérite de cette banque est aussi d'avoir un objectif social; enfin, p-ê que chacun dans son métier sent qu'il arrange le monde...et qu'en fait c'est un gros mensonge, hahaha!!! et puis en réalité, les ONG sont des pansements, l'Etat ne joue pas son rôle alors... PEUPLE LEVE TOI, marche, gueule, fais des manifs, et tu verras que même si la plupart du temps tu te fais avoir par des promesses, tu te fais remercier par des coups de kalachnikov ou qu'on te fait croire que t'es libre parce que tu as le droit de manifester, et ben malgré tout, je dirais que la solution doit venir de là. Sur ce, je vais me coucher. Je serais ravie de partager l'opinion des lecteurs s'ils ont quelque chose à en dire...

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Commentaires sur cet article
Anne-Claire
J'ai quelques choses à dire ! Tout d'abord, merci pour le charme de tes phrases proustienne ;)
Ton dernier paragraphe donne à réfléchir, pour sur ! (D'ailleurs j'ai du mal à réfléchir avec Arthur qui pleure à côté ! Rhooo la mère indigne).
La révolution, c'est une idée qui fait envie. En Argentine, et plus largement dans les pays du sud, qui prennent conscience des injustices terribles qu'ils subissent. Même en France il faudrait faire la révolution, bien qu'en comparaison, on soit pour la majorité des riches qui ne savent même plus pourquoi ils se plaignent. Mais la révolution, c'est une douce utopie, pour le moment encore. Même rassemblé, le peuple reste trop impuissant face aux répressions armées.
Même les ONG sont de mèche. Tu le dis toi-même avec le président de l'ARC par exemple. C'est clair que déjà, faudrait que les ONG soient un peu plus locales, car là, comment pouvoir faire pleinement confiance, quand ceux qui dirigent ces ONG pensent d'abord au profit qu'ils peuvent en tirer ? Eux en tout cas, n'ont sûrement pas grand intérêt à une révolution. En plus comme tu le dis si bien, ce ne sont que des pansements. Pour être vraiment efficace, il faudrait taper dans du lourd. Du Monsanto par exemple. Faut croire que les gouvernements ont plus d'intérêts à laisser mourir l'agriculture régionale, diversifiée, et avec elle ses populations, que d'encourager le développement de leur pays, sans l'intervention de quelques mégalos...
Alors laissé à l'abandon, le peuple ne peut plus vivre de ses cultures. Le gouvernement choisi d'enrichir ceux qui le composent, en pactisant avec les pays riches, et de laisser crever le reste de la population. Cela fait le bonheur de quelques banques qui vont encore trouver le moyen de se faire de l'argent sur le dos des plus pauvres. Je ne dis pas que c'est bien où mal (comment peut-on porter un jugement, étant donné la complexité du système, étant donné tout ce qui entre en ligne de compte ?) mais cela aussi c'est un pansement pour éviter l'hémorragie. Je comprends que le petit artisan est très content d'avoir une banque qui lui permette de créer son entreprise. Sans doute qu'il pense même que s'endetter auprès d'un banquier est une bonne idée, car cela va lui permettre de vivre de son travail. Mais de mon point de vue, c'est l'aider sans lui donner la liberté. Dépendant d'un banquier, il n'est pas vraiment libre, il garde toujours une épée de Damoclès au dessus de la tête.
Pour bien faire, il faudrait que les pays riches arrêtent d'exploiter l'hémisphère sud. Que nos dirigeants arrêtent d'être des salauds. Malheureusement, je ne suis pas sur que cela soit possible. Les sbires de Monsanto doivent bien avoir des familles, des enfants, et pourtant, cela ne les empêche pas de répandre des OGM sur toutes les terres du monde. Le pognon passe avant la santé de leur gosse.
C'est une révolution moniale des consciences qu'il faudrait. Mais comment mettre d'accord 6 milliards d'individu ? Comment persuader les riches qu'ils ont trop, et que la répartition est nécessaire ? Comment expliquer au milliard de personne qui n'a pas de quoi se nourrir qu'aujourd'hui pourtant, on aurait la capacité de nourrir 12 milliards d'êtres humains, mais qu'on les laisses crever de faim, et qu'on nourrit nos vaches et nos cochon de céréales pour en faire de la bonne viande qui profitera à d'autres qu'eux ?
La solution, je crois qu'elle n'est pas universelle malheureusement. Je crois qu'elle est individuelle. Moi et Jérôme par exemple, pour être en accord avec nos principes, et notre discours, on devrait s'acheter un lopin de terre, et vivre des légumes qu'on jardinerait et du lait de notre chèvre. Et puis faire pousser un peu d'herbe, et parfois fumer, pour oublier...

 

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